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Du lin au coton

Aujourd’hui, le coton égyptien est reconnu et exporté mondialement pour sa qualité supérieure. Il n’y a cependant pas de traces de la culture de cette plante en Egypte antique. Les premières preuves quant à l’existence et l’utilisation du coton dans la région (en Nubie, spécifiquement) remontent seulement à l’époque romaine et sont rares.


Les Egyptiens dépendaient presque uniquement du lin pour tous leurs besoins textiles, et ce depuis la préhistoire : on a trouvé des vêtements de lin datant d’environ 5000 av. J.C. Robuste, séchant rapidement et parfait pour supporter la chaleur, le lin était utilisé dans la plupart des aspects de la vie quotidienne de l’époque. Il était donc produit en larges quantités pour subvenir aux besoins domestiques, mais aussi étrangers : ayant la même réputation que le coton Egyptien aujourd’hui, le lin représentait à l’époque un des principaux exports du pays, et était donc la plante non-alimentaire la plus produite du royaume.


Bien que le lin ne soit pas endémique de l’Égypte (certains estiment qu’il fut importé du Levant), le Nil pourvoyait les conditions parfaites pour sa culture. Les graines de lin étaient semées à la mi-novembre, juste après l’inondation annuelle du fleuve. La récolte débutait trois mois plus tard : les plants étaient arrachés - et non coupés - pour obtenir le plus de fibre possible. Ils étaient ensuite laissés sécher en paquets au soleil avant d’être rouis, battus, et teillés pour séparer l’extérieur rigide des fibres. Celles-ci étaient ensuite roulées en boules ou en bobines pour être filées, puis tissées. Il était rare à l’époque de teindre les tissus.


Il existait différentes qualités de lin, obtenues en fonction de l'âge de la plante au moment de la récolte. Lorsqu’arrachés encore jeunes et vertes, on produisait un lin extra fin. Le deuxième lot, un peu plus âgé, créait un lin plus robuste. Enfin, le dernier lot, plus ancien, donnait un lin plus grossier. Les différents usages du lin dépendaient donc de leur qualité : des vêtements aux cordes, en passant par la literie, l’ameublement, les sacs, les voiles de bateau, les lignes de pêche, les filets, les frondes etc. La qualité du tissu était aussi révélatrice de la classe sociale. En effet, seuls les plus riches pouvaient s’offrir des habits de lin fin, produits avec les fibres de jeunes plants.


L’usage du lin n’était cependant pas réservé aux vivants. Les Egyptiens recyclaient de vieux habits et draps pour en faire les bandes qui servaient à la momification, et des offrandes de lin étaient également faites aux morts.

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