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La plus ancienne nécropole royale

L'archéologue français É. Amélineau fut le premier à fouiller, à la fin du XIXe siècle, le site d 'Abydos, ville du dieu chien Khentyimentyou en Haute-Égypte. Il mit au jour une série de sépultures avec des stèles au non des premiers souverains d'Égypte, les pharaons de la première dynastie. La sépulture des derniers rois Thinites, Péribsen et Khasekhem fut découverte par la suite.

Les premiers rois de la deuxième dynastie, Hotepsekhemouy, Rêneb et Nyneter, furent enterrés à Sakkara. Autour des tombes royales, on trouve les tombeaux des courtisans, eux aussi pourvus de stèles, mais beaucoup plus petites et d'un travail grossier. Les sépultures royales et sépultures privées avaient à l’époque la même forme, celle d'un mastaba, construction trapézoïdale surmontant le cercueil où le défunt reposait. Aucune de ces sépultures n'a conservé sa superstructure.

L'aspect extérieur des tombes royales était celui d'une forteresse ou d'un palais avec une enceinte à redans et un muret protégeant leur périphérie. Ces tombes étaient construites au fond d'un puits carré ou rectangulaire dont la surface pouvait excéder 100m2. L'espace est cloisonné en de multiples chambres par des murs de brique crue, de bois ou de roseau. Le sol et le plafond sont en bois, parfois en cèdre du Liban. Au cours du temps, l'usage de la pierre s'est affirmé : pour les seuils, les linteaux puis pour de plus grandes surfaces. Le sol du caveau de Den (Oudimou) est pavé de granit et les murs de celui de Khekhem, le dernier souverain de la Période Thinite, sont de calcaire.

Le défunt était entouré d'aliments et de mobilier très raffiné, qui recréait le luxe dans lequel vivaient ces premiers rois et de leur cour : vaisselle de terre cuite dont les bouchons portent le nom des pharaons, précieux récipients d'albâtre, de cristal ou de diorite, parfois rehaussés d'or et déposés par centaines près du mort. On y trouvait également des supports d'ivoire en forme de pattes de taureau, des coffrets, des objets de toilettes et des échiiquiers en faïence avec leurs pions en forme de lion. Les vases, outils et armes de cuivre témoignent de la maîtrise du travail du métal.

Beaucoup de ces objets ont été acquis par le musée du Louvre à la suite des fouilles d'Amélineau, et la Période Thinite constitue “un des points forts de la collection, par la qualité exceptionnelle des œuvres comme par leur nombre.”


Par Al Tayeb Sayed

Égyptologue & Guide Conférencier

Louxor

Ramses II

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