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Lapis lazuli

Le lapis lazuli, ou khesbed était une des pierres les plus prisées en Egypte Antique. Les premières traces de son utilisation remontent à la Période Prédynastique, durant le 4ème millénaire av. JC. La pierre était particulièrement populaire durant les Moyen et Nouvel Empires : elle était incrustée dans des bijoux, façonnée en perles, amulettes, statuettes, broyée pour créer une poudre utilisée pour colorer de tout – des fresques aux paupières, et même avalée pour ses prétendues vertus médicinales. Un usage aussi extensif du lapis lazuli mène à croire que, comme d’autres pierres populaires à l’époque, elle était extraite dans le pays. Bien au contraire, le lapis lazuli utilisé en Egypte était exclusivement importé depuis les mines du Badakhshan, dans les montagnes du Nord-Est de l’Afghanistan, à plus de 5000km. La pierre représentait un des imports les plus importants – et chers – de l’Egypte Antique.


Pourquoi cette pierre semi-précieuse était-elle tant convoitée ? La valeur du lapis lazuli résidait dans sa symbolique. La pierre est composée de trois minéraux : la lazurite, bleue foncé ; la calcite, les stries blanches ; et la pyrite, les mouchetures dorées. La pierre représentait donc les eaux du Nil, et le ciel étoilé. Ce qui la liait au divin, à la fertilité et à l’au-delà.


La plupart des peintures murales, fresques et statues nécessitaient donc cette teinte de bleu pour peindre le ciel, le Nil, les cheveux des Dieux etc. Les Egyptiens durent trouver une manière plus pratique et moins couteuse d’y parvenir : ils réussirent à reproduire artificiellement la couleur du lapis lazuli en chauffant un mélange de calcaire, de cuivre et de sable. Ce faisant, ils créèrent le premier pigment synthétique connu : le bleu égyptien ou silicate de cuivre calcite.


Des scientifiques ont découvert que ce pigment émet de la lumière infrarouge lorsque exposé à de la lumière visible. Ceci permet aux archéologues de détecter la présence du bleu égyptien même lorsque la couleur n’est plus visible à l’œil nu. Plus récemment, l’étude du silicate de cuivre calcite a mené à une percée dans le monde de la nanotechnologie, avec de possibles applications dans les domaines de télécommunications et de sciences médicales, entre autres. Une étude du Berkeley Lab montre également que le bleu égyptien peut booster le rendement énergétique des bâtiments en les refroidissant, et mème participer à la production d'énergie solaire grâce à son énergie fluorescente dans l’infrarouge proche.


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