Un fleuve puissant



Avec ses 6671km de long, le Nil est le plus long fleuve d'Afrique, et c'est grâce à son action unique que l'Égypte existe.


Avant la construction des barrages du 20e siècle, puis du grand barrage d’Assouan en 1970, régulant le Nil, celui-ci était sujet à une inondation annuelle. L'inondation était le produit des pluies de printemps et d'été sur les hautes terres de l'Est africain et de l'Éthiopie. L'étiage était atteint fin mai et l'inondation commençait fin juin, avec un maximum atteint à la mi-septembre. Cette inondation apportait jusqu'à 110 millions de tonnes de sédiments riches en substances minérales, dont 75 millions de tonnes de minerais solubles (calcium, carbonates, chlorure de sodium).


L'économie pharaonique était avant tout agricole : l'alluvionnement était indispensable aux récoltes et pourvoyait à l'alimentation du pays, dont la population est estimée entre 4 et 5 millions d'individus au Nouvel Empire. Les crues étaient cependant inconstantes et irrégulières, et tout retard entraînait la famine. La connaissance du calendrier de l'inondation et le contrôle de l'irrigation des terres ont contribué à l'élaboration du pouvoir politique.


Le rythme du fleuve a eu des conséquences sur la pensée religieuse, dont l'art en était la manifestation. Le dieu Hâpy était la personnification divine des phénomènes naturels d’inondation et de fertilisation des sols. Le Nil devint le fleuve des mondes célestes et souterrains, et le cycle de ses crues le substrat du renouveau de la vie des vivants aussi bien que des morts.


Le Nil assurait également l'essentiel des communications dans le pays. Voie naturelle de circulation, il était emprunté par des navires civils ou militaires, comme on en voit de nombreuses représentations dans l'art Égyptien. Son courant, d'un à quatre nœuds, autorisait une navigation facile du sud vers le nord, tandis que les vents fréquents permettaient la circulation à contre-courant. Il jouait ainsi un rôle irremplaçable dans l'économie du pays pour le transfert de l'approvisionnement et de matériaux. La circulation des fonctionnaires, des troupes et des ordres garantissait la cohésion politique du royaume.


Par Al Tayeb Sayed

Égyptologue & Guide Conférencier

Louxor

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